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1 Nos Disciplines - Carabine à 300 mètres
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La carabine a 300 metres

1-L' aspect humain

Le tir à la carabine «  percussion centrale » (dite « gros calibre ») à 300 mètres fait partie des disciplines que l’on peut pratiquer au TNV. Il faut noter que ce sport a été discipline olympique sur près d’un siècle, des origines des jeux modernes jusqu’aux J.O. de Münich, en 1972. C’était l’épreuve reine du tir à la carabine, au match anglais ou encore plus au 3x40.
Il ne s’agit pas d’une pratique marquée par une nostalgie paramilitaire comme ont pu l’avancer d’aucuns, mais d’un exercice sportif réel. Nous pouvons noter aussi que le 300 mètres n’est qu’une facette du tir à la carabine à percussion centrale, les tireurs « Palma », « Highpower », « Mid » ou « Long Range » étant nettement plus nombreux dans le vaste monde. La France compte très peu d’infrastructures civiles capables d’accueillir correctement les tireurs intéressés par ce défi sportif, technique et humain. Les résultats sont flatteurs sur le plan international, avec un potentiel national d’une soixantaine de tireurs régulièrement qualifiés pour les championnats de France, qui se tirent fréquemment au TNV.
Les différentes catégories d’âge sont : Juniors (moins de 20 ans), Seniors 1 (de 20 à 44 ans), Seniors 2 (de 45 à 59 ans), Seniors 3 (au delà de 60 ans), Dames (de 20 à 45 ans). Cette classification compte des capacités de convergence de l’oeil, plus que des autres capacités physiques, car il est reconnu que la presbytie s’installe vers le milieu de la quarantaine. Les femmes de plus de 45 ans peuvent concourir avec les hommes du même âge, d’ailleurs fort souvent avec succès.

En raison de l’environnement et de sa spécificité, ce tir nécessite des qualités de concentration et d’analyse qui s’acquièrent progressivement. S’il n’est pas besoin d’être un athlète spectaculaire, la forme physique est nécessaire pour de bons résultats, car les positions de tir sont contraignantes sur le plan musculaire et articulaire. Les néophytes les considèrent comme pénibles à acquérir et comme douloureuses, mais la plupart commenceront par le 10 mètres et le 50 mètres ; le 300 mètres étant rarement une discipline de première intention. Seuls les tireurs ayant un minimum de pratique physique sont capables de maintenir la régularité de leurs performances, également en raison des apnées répétées nécessitées par la stabilité de la visée. Il n’est pas indispensable d’avoir un oeil d’aigle et une acuité visuelle exceptionnelle pour exceller, il suffit que la vue soit bien corrigée et un certain nombre de bons tireurs sont myopes ou astigmates.

Le tir à 300 mètres nécessite d’être capable de maintenir sa concentration, ses capacités d’analyse et sa coordination quelques soient les circonstances : bruit des détonations, vent, soleil, pluie, mirage, interruptions de tir, etc. La prise en compte de ces éléments extérieurs est importante, doit être négociée, maîtrisée et, par conséquent, fait aussi partie du plaisir de la réussite.

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2-L' aspect technique

Cette discipline se tire au TNV sur 14 cibles à marquage électronique « SIUS ASCOR », permettant d’établir l’impact avec précision. La cible est formée d'un carré blanc d’un mètre de côté munie d’un « visuel » noir de 60 centimètres de diamètre. Chaque « zone » est formée de cercles concentriques larges de 5 centimètres, le « 10 » mesurant 10 centimètres et la « mouche » centrale faisant 5 centimètres de diamètre. Les béotiens posent systématiquement la question de savoir comment nous pouvons voir le « 10 » pour tirer dedans : en général, je leur réponds d’une manière qui ne peut décemment être écrite dans cette page Web! Il suffit de savoir que la visée s'établit à travers des organes « métalliques », c’est à dire un oeilleton (dioptre) et un guidon (généralement annulaire).

Il est habituel de dire que l’arme utilisée est aussi différente d’une arme de guerre qu’une monoplace de course peut l’être d’une jeep. C’est une carabine à un coup, à percussion centrale, d’un calibre inférieur à 8 mm et d’un poids de l’ordre de 6,5 à 8 kg. La tendance actuelle est de tirer des projectiles lourds de 6 mm. (105 grains), rapides et à trajectoire très tendue (en particulier le 6 BR ou le 6 CJL). Leur recul modéré limite l’usure nerveuse et la tenue au vent est nettement supérieure aux calibres classiques, dont le 308 W. qui était considéré comme indétrônable. En dehors de l’éternel 308 W, les calibres les plus fréquents sont actuellement le 6 BR, le 7,5 suisse et le 6,5 x 55 suédois.  Quelques 7.08, .243 Win., .300 Savage, voir même 6 PPC, .223 ou autres peuvent être rencontrés : ce n’est pas le calibre qui est en cause, toutes les munitions sont utilisables si elles sont correctement rechargées et employées dans le bon canon au bon pas, bien chambré et bien monté.

 Certains compétiteurs conçoivent eux-mêmes leurs armes avec des solutions métallurgiques et de technologie des matériaux composites souvent empruntées aux industries de pointe. Traditionnellement en bois, les crosses sont de plus en plus souvent en métal léger, particulièrement des alliages aviation pour les plus performantes, qui sont françaises de surcroît (Unique et tout particulièrement la nouvelle GE 600 de la SERCS). Les actions les plus courantes sont suisses (Grünig, Tanner), françaises (Canaple, Unique), allemandes (Anschütz-Seehüber, SIG-Sauer, Keppeler, Mauser), autrichiennes (Steyr), britanniques (Accuracy, Swing), ou scandinaves (Sako, Varberger), avec l’émergence récente d’autres marques, comme Bleiker, Stolle, et l’inévitable RPA Quadlock. L’essentiel est donc européen, et caractéristique de l’aire de pratique du 300 mètres, en dehors de quelques originaux aux U.S.A., en Australie et Nouvelle Zélande. Les canons « inox »sont maintenant majoritaires et, mises à part les usines fabriquant leurs propres tubes, proviennent de plus en plus souvent de manufacturiers spécialisés déjà réputés dans le Bench Rest (Hart, Krieger, Lilja, Border, Lothar Walther, etc.).

Les meilleures encartoucheurs sont Norma et Lapua : des scandinaves, il n’y a pas de hasard. Un certain nombre de compétiteurs fabriquent et rechargent leurs munitions pour une meilleure adaptation à l’arme et, par conséquent, une plus grande précision.

Parlons argent : une arme de ce type peut coûter de 1200€ pour une arme de début ou d’occasion, à plus de 3500€ pour une arme neuve de qualité. Une action seule peut atteindre 1200€ à 1500€, et pour certaines le cours du dollar ou de la livre n’arrangent pas les choses. Selon la munition employée, le budget peut nettement s’alourdir, mais généralement vous vous en tirerez sur l’année pour l’équivalent de quatre à six cigarettes par jour. Il existe des loisirs nettement plus onéreux!

 Le reste du matériel est déjà en possession du tireur à la carabine pratiquant les autres disciplines, depuis l’essentielle veste de tir, le gant et la bretelle, le cas échéant les lunettes correctrices, le télescope (le mirage existe, même avec des cibles électroniques) en passant par les accessoires tous absolument indispensables dont tout sportif aime à s’entourer.

L’essentiel est que cette discipline peut être réellement abordable, les armes pas aussi inaccessibles qu’il ne le paraît, avec des satisfactions importantes : le tir en extérieur n’a rien à voir avec le 10 mètres aseptisé. Triompher des embûches de la météo, mener à bien la réussite de la préparation d’un rechargement et même de la conception d’une munition sont des joies uniques. Cerise sur le gâteau, dans leur majorité les tireurs 300 mètres sont plutôt conviviaux, en particulier au T.N.V., ce qui ne gâte rien ! Vous ne serez pas isolé et vous pourrez ainsi vous retrouver pour des entraînements, des stages de perfectionnement, et bien entendu pour des compétitions amicales ou officielles qui s’échelonnent tout au long de la saison d’après l’article paru dans « Minute d’Angle »

Textes © Bernard Dropsy
Documentations © Eric Alabowsky
Photos © Eric Alabowsky


Date de création : 30/08/2009 23h54
Dernière modification : 23/11/2009 22h24
Catégorie : 1 Nos Disciplines
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